Le principal problème de l'investisseur, et même son pire ennemi, sera probablement lui-même.
Trois dimensions
- L'horizon : quand aurez-vous besoin de cet argent ? Plus c'est loin, plus vous pouvez prendre de risque.
- La capacité : une baisse de 30 % mettrait-elle en danger vos projets ou votre quotidien ? Cela dépend de vos revenus, de votre épargne de précaution et de la part de votre patrimoine concernée.
- La tolérance : comment réagiriez-vous devant une telle baisse ? Beaucoup de gens surestiment leur sang-froid avant d'avoir vécu une crise.
Les trois grands profils
Prudent
Vous privilégiez la stabilité. Les fluctuations vous inquiètent ou votre horizon est court.
Supports typiques : Livrets, fonds euros d'assurance-vie, une petite part de fonds diversifiés.
Une année difficile peut coûter quelques pourcents.
Équilibré
Vous acceptez des variations pour viser une croissance réelle, avec un horizon de 5 à 10 ans.
Supports typiques : Assurance-vie mêlant fonds euros et unités de compte, PEA avec ETF mondial pour la part actions.
Une crise sévère peut faire baisser le portefeuille de 20 à 25 % temporairement.
Dynamique
Votre horizon est long, vos revenus stables, et vous savez rester investi pendant les baisses.
Supports typiques : PEA et assurance-vie majoritairement en ETF actions mondiales, une petite part de cryptomonnaies établies (bitcoin, ether) plafonnée à 5 %, épargne de précaution à part.
Une crise sévère peut faire baisser le portefeuille de 35 à 45 % temporairement.
Répartitions indicatives, à visée pédagogique. L'épargne de précaution n'est pas comptée dedans : elle reste toujours sur des livrets.
Ce qu'une baisse veut dire concrètement
Les marchés d'actions ont déjà connu des chutes de 30 à 50 % (2000-2003, 2008-2009), et de plus de 30 % en quelques semaines en 2020. Avec 20 000 € investis à 100 % en actions, cela signifie voir son épargne descendre à 10 000 ou 14 000 € pendant plusieurs mois, voire plusieurs années. Si vous savez que vous vendriez à ce moment-là, un profil plus prudent vous servira mieux : l'erreur la plus coûteuse est de vendre au plus bas.
Ordres de grandeur inspirés des crises de 2000-2003 et 2008-2009. Aucune garantie : une crise peut être plus forte.
Votre profil change avec la vie
Une règle simple souvent citée consiste à réduire progressivement la part d'actions à mesure que l'on s'approche de l'objectif. C'est ce que font les « gestions pilotées » des PER : très investies en actions à 30 ans, de plus en plus sécurisées à l'approche de la retraite.
| Situation | Horizon | Part d'actions indicative |
|---|---|---|
| Apport pour un achat dans 2 ans | Court | 0 % |
| Projet dans 5 à 8 ans | Moyen | 30 à 50 % |
| Épargne retraite à 35 ans | Long | 70 à 100 % |
| Épargne retraite à 60 ans | Moyen | 30 à 60 % |
Testez-vous honnêtement
Imaginez l'écran de votre banque affichant −8 000 € sur un placement de 20 000 €, un soir de mars 2020, pendant que les journaux parlent de krach. Si vous êtes certain de ne rien vendre, votre tolérance est bonne. Si vous hésitez, réduisez la part d'actions : un portefeuille un peu moins rentable mais tenu jusqu'au bout rapporte plus qu'un portefeuille idéal abandonné au pire moment.
À retenir
- Le profil dépend de l'horizon, de la capacité et de la tolérance.
- Mieux vaut un profil un peu trop prudent mais tenu jusqu'au bout qu'un profil dynamique abandonné en pleine crise.
- Votre profil évolue avec votre âge et vos projets : réévaluez-le tous les deux ou trois ans.
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