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Pour aller plus loin

Le financement participatif

Le financement participatif, ou crowdfunding, permet à des particuliers de financer directement des entreprises ou des projets immobiliers via des plateformes en ligne, à partir de quelques dizaines ou centaines d'euros. Les rendements affichés sont élevés, les risques aussi.

Les quatre formes

FormeCe que vous faitesCe que vous espérezDurée habituelle
Financement participatif immobilierVous prêtez à un promoteur pour une opération de construction ou de rénovationDes intérêts, souvent affichés entre 8 et 12 % par an1 à 3 ans
Prêt aux entreprisesVous prêtez à une PMEDes remboursements mensuels avec intérêts2 à 5 ans
Investissement en capitalVous devenez actionnaire d'une start-up ou d'une PME non cotéeUne plus-value à la revente, sans garantie de date5 à 10 ans ou plus
Don ou récompenseVous soutenez un projetUne contrepartie en nature, pas un rendement financierSans objet

Les règles depuis 2023

Depuis novembre 2023, une réglementation européenne encadre les plateformes : elles doivent être agréées comme prestataires de services de financement participatif, en France par l'AMF. Pour les investisseurs non avertis, elles doivent notamment :

  • faire passer un test de connaissances et une simulation de la capacité à supporter des pertes ;
  • afficher un avertissement si l'on investit plus de 1 000 € ou plus de 5 % de son patrimoine dans un même projet ;
  • accorder un délai de réflexion de 4 jours pendant lequel on peut annuler son engagement sans frais.

Vérifiez toujours qu'une plateforme figure sur la liste des prestataires agréés de l'AMF.

Les vrais risques

  • Les retards : depuis la crise de l'immobilier neuf de 2023, les retards de remboursement se sont multipliés dans le financement participatif immobilier. Un projet prévu sur 18 mois peut en durer 36.
  • Le défaut : si le promoteur ou l'entreprise fait faillite, une partie ou la totalité de la mise peut être perdue.
  • L'absence de revente : il est généralement impossible de récupérer son argent avant la fin du projet.
  • Le rendement affiché n'est pas le rendement obtenu : un taux de 10 % sur les projets remboursés peut devenir bien plus faible une fois les défauts déduits.
  • Les start-up : une grande partie échoue. En investissement en capital, il faut s'attendre à perdre sa mise sur plusieurs projets pour espérer un succès.

Fiscalité

Les intérêts perçus sont imposés à la flat tax (31,4 % en 2026), généralement prélevée directement par la plateforme. Sous conditions, certaines pertes sur prêts peuvent être déduites des intérêts de même nature. Certaines souscriptions au capital de PME peuvent ouvrir droit à une réduction d'impôt, selon des règles qui changent souvent.

Si vous voulez essayer

  1. Réserver le financement participatif à une petite part de son épargne, déjà diversifiée par ailleurs.
  2. Répartir sur de nombreux projets, avec de petits montants, plutôt que de miser gros sur quelques-uns.
  3. Lire l'historique de la plateforme : taux de retard et de défaut publiés, ancienneté, agrément.
  4. Ne jamais y placer de l'argent dont on pourrait avoir besoin avant plusieurs années.

À retenir

  • Un rendement affiché de 10 % rémunère un risque élevé de retard et de perte.
  • Vérifier l'agrément AMF de la plateforme et diversifier sur de nombreux projets.
  • Argent bloqué jusqu'à la fin du projet, sans revente possible.

Validez vos acquis

5 questions. Il faut 4 bonnes réponses pour valider.

Sans compte, votre résultat ne sera pas enregistré.

1. Qui doit agréer une plateforme de financement participatif en France ?
2. Quel est aujourd'hui le risque le plus fréquent du financement participatif immobilier ?
3. De combien de jours de réflexion dispose un investisseur non averti après son engagement ?
4. Peut-on revendre facilement sa participation avant la fin du projet ?
5. Quelle est la meilleure façon de limiter le risque ?