Il n'y a rien de nouveau à Wall Street. Il ne peut pas y en avoir, car la spéculation est aussi vieille que les montagnes.
Les ordres avancés
- Ordre à seuil de déclenchement (stop) : il se transforme en ordre au marché quand le cours atteint un seuil. Utile pour limiter une perte, mais il peut s'exécuter bien plus bas en cas de chute brutale.
- Ordre à plage de déclenchement : comme le précédent, mais avec un prix limite. Il protège du prix d'exécution, au risque de ne pas être exécuté.
- Durée de validité : un ordre peut être valable pour la journée ou jusqu'à une date choisie.
Mesurer le risque
- Volatilité : l'amplitude des variations d'un actif. Les actions mondiales ont historiquement une volatilité annuelle de l'ordre de 15 %.
- Perte maximale : la baisse la plus forte entre un sommet et un creux. C'est souvent la mesure la plus parlante pour savoir si l'on tiendra.
- Corrélation : la tendance de deux actifs à évoluer ensemble. Diversifier, c'est combiner des actifs peu corrélés, pour que tout ne baisse pas en même temps.
Analyse fondamentale et analyse technique
L'analyse fondamentale estime la valeur d'une entreprise à partir de ses comptes (voir le module L'analyse fondamentale). L'analyse technique, sujet de ce module, étudie les cours et les volumes passés pour repérer des comportements récurrents. Elle est très populaire, mais son efficacité durable pour un particulier n'est pas démontrée. Pour rappel, environ 9 gérants professionnels sur 10 font moins bien que leur indice sur 15 ans (rapport SPIVA, module Les ETF en détail).
La gestion du risque, avant toute méthode
Les traders expérimentés le répètent : ce qui sépare ceux qui durent de ceux qui abandonnent, c'est moins la méthode d'analyse que la gestion du risque. Trois outils en sont la base.
Calcul : 1 ÷ (1 − perte) − 1. Plus la perte est lourde, plus la remontée est difficile : c'est pourquoi les professionnels limitent d'abord leurs pertes.
1. Risquer une petite part du capital par position
La règle la plus répandue consiste à ne jamais risquer plus de 1 à 2 % de son capital sur une seule position. Le « risque » est la perte subie si le cours atteint le niveau d'invalidation choisi à l'avance (le stop).
Exemple de calcul
Capital de 20 000 €, risque maximal de 1 %, soit 200 €. Achat prévu à 50 €, stop à 46 € : le risque par action est de 4 €. Taille de la position : 200 ÷ 4 = 50 actions, soit 2 500 € investis. Si le stop est touché, la perte est de 200 €, et non de 2 500 €.
2. Le rapport gain sur risque
Avant d'entrer, on compare le gain visé au risque pris. Avec un objectif à 62 € dans l'exemple ci-dessus, le gain potentiel est de 12 € par action pour 4 € de risque : un rapport de 3 pour 1.
3. L'espérance mathématique
Une stratégie n'a pas besoin de gagner souvent pour être rentable, elle doit gagner plus qu'elle ne perd en moyenne : espérance = taux de réussite × gain moyen − taux d'échec × perte moyenne. Avec 40 % de positions gagnantes à +3 et 60 % de perdantes à −1, l'espérance est de +0,6 unité de risque par position, avant frais.
| Taux de réussite | Gain moyen | Perte moyenne | Espérance par position |
|---|---|---|---|
| 60 % | 1 | 1 | +0,2 |
| 40 % | 3 | 1 | +0,6 |
| 70 % | 0,5 | 1,5 | −0,1 |
La dernière ligne montre le piège classique : gagner souvent mais peu, et perdre rarement mais beaucoup.
Lire un graphique de cours
L'analyse technique étudie les cours et les volumes passés pour repérer des comportements récurrents. Elle ne dit pas ce que vaut une entreprise ; elle cherche à décrire l'équilibre entre acheteurs et vendeurs.
Le corps relie l'ouverture et la clôture de la période ; les mèches montrent les extrêmes atteints.
- Unités de temps : une bougie peut représenter une minute, un jour ou une semaine. Plus l'unité est courte, plus le « bruit » est important. Les investisseurs de long terme regardent surtout les graphiques hebdomadaires.
- Supports et résistances : des zones de prix où le cours a déjà réagi plusieurs fois. Un support cassé devient souvent une résistance, et inversement.
- Volumes : un mouvement accompagné de forts volumes est jugé plus significatif qu'un mouvement sur de faibles échanges.
Tant que les sommets et les creux montent, la tendance est haussière. Le premier creux enfoncé est un signal d'alerte, pas une certitude.
Certains praticiens parlent de « cassure de structure » quand le cours dépasse le dernier sommet dans le sens de la tendance, et de « changement de caractère » quand il enfonce le dernier creux à contre-tendance. Ils repèrent aussi des zones d'ordres importants laissées par les grands intervenants. Ces notions décrivent le passé ; elles ne garantissent pas la suite.
Les indicateurs les plus utilisés
| Indicateur | Ce qu'il mesure | Lecture courante | Limite |
|---|---|---|---|
| Moyennes mobiles (50 et 200 jours) | La tendance de fond | Cours au-dessus de la moyenne à 200 jours : tendance haussière | Réagissent avec retard |
| RSI | La vitesse des variations récentes, de 0 à 100 | Au-dessus de 70 : surachat ; sous 30 : survente | Peut rester extrême longtemps en forte tendance |
| Divergence | Un écart entre le cours et un indicateur | Nouveau sommet du cours sans nouveau sommet du RSI : essoufflement possible | Fréquentes fausses alertes |
| MACD | L'écart entre deux moyennes mobiles | Croisements comme signaux de changement de rythme | Peu fiable en marché sans tendance |
| Bandes de Bollinger | La volatilité autour d'une moyenne | Bandes resserrées : un mouvement fort se prépare souvent | N'indiquent pas la direction |
Trois grandes méthodes d'analyse
La méthode Wyckoff
Développée au début du XXe siècle par Richard Wyckoff, elle part du principe que les grands intervenants achètent et vendent sur de longues périodes, en laissant des traces dans les cours et les volumes. Le marché alternerait accumulation, hausse, distribution et baisse.
Après une forte baisse, les acheteurs absorbent progressivement les ventes dans une zone de prix. Une dernière fausse cassure par le bas précède souvent la sortie par le haut. Le schéma inverse décrit une distribution.
Les vagues d'Elliott
Ralph Nelson Elliott a observé dans les années 1930 que les marchés évoluent selon des cycles répétitifs liés à la psychologie collective : cinq vagues dans le sens de la tendance, puis trois vagues de correction.
Règles : la vague 2 ne repasse pas sous le départ de la vague 1 ; la vague 3 n'est jamais la plus courte ; la vague 4 ne chevauche pas la vague 1.
La principale critique : deux analystes compétents peuvent compter les vagues différemment sur le même graphique. La méthode est surtout utile pour structurer des scénarios, pas pour prévoir.
Les niveaux de Fibonacci
Ces niveaux servent de repères pour estimer jusqu'où un repli peut aller. Ils ne prédisent rien seuls : beaucoup de traders les combinent avec d'anciens supports ou résistances.
Le profil de marché
Le profil de marché (Market Profile) classe les échanges par niveau de prix plutôt que par heure. Il fait apparaître le prix le plus échangé de la période et la « zone de valeur » où se concentre environ 70 % de l'activité. Il est surtout utilisé sur les contrats à terme par les traders de court terme.
Les options et contrats à terme sont détaillés dans le module suivant, Options et produits dérivés.
La psychologie et la discipline
- Écrire un plan avant d'entrer : raison de l'achat, niveau d'invalidation, objectif, taille de la position.
- Tenir un journal : noter chaque opération, son résultat et l'émotion ressentie. C'est le meilleur moyen de repérer ses propres erreurs.
- Ne pas déplacer son stop pour éviter une perte : c'est ainsi que les petites pertes deviennent grandes.
- Faire des pauses après une série de pertes, plutôt que de chercher à se « refaire ».
Les biais de comportement sont détaillés dans le module La psychologie de l'investisseur.
Ce que montrent les études
Les recherches sur les particuliers qui négocient beaucoup sont sévères. Les économistes Brad Barber et Terrance Odean ont montré en 2000 que les ménages américains les plus actifs obtenaient des performances nettement inférieures à celles des plus passifs, à cause des frais et des erreurs de comportement. Une étude publiée en 2019 sur les day traders brésiliens a constaté que l'immense majorité de ceux qui avaient persisté plus de 300 jours avaient perdu de l'argent.
L'analyse technique et le trading actif peuvent se pratiquer, mais comme une activité à part, avec une petite part du patrimoine, après avoir construit le cœur de son épargne avec des placements diversifiés et peu chers.
À retenir
- Limiter le risque par position à 1 ou 2 % du capital, et le fixer avant d'entrer.
- Une stratégie se juge à son espérance, pas à son taux de réussite.
- Wyckoff, Elliott, Fibonacci et les indicateurs décrivent des probabilités, jamais des certitudes.
- Sur la durée, la plupart des particuliers actifs font moins bien qu'un simple ETF.
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