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La Bourse · niveau intermédiaire

La Bourse, niveau intermédiaire

Une fois les bases acquises, il s'agit de comprendre ce que l'on achète vraiment et de construire un portefeuille cohérent dans le temps.

Sachez ce que vous possédez, et sachez pourquoi vous le possédez.

Peter Lynch, gérant du fonds Magellan de Fidelity

Lire les chiffres d'une entreprise

  • Chiffre d'affaires : ce que l'entreprise vend. Sa croissance montre si l'activité progresse.
  • Bénéfice net : ce qu'il reste une fois toutes les charges payées.
  • Ratio cours/bénéfice (souvent noté P/E) : le prix de l'action divisé par le bénéfice par action. Un ratio élevé signifie que le marché attend beaucoup de l'avenir, donc que la déception peut coûter cher.
  • Rendement du dividende : le dividende annuel divisé par le prix de l'action. Un rendement très élevé peut signaler une entreprise en difficulté.
  • Endettement : une dette trop lourde fragilise l'entreprise quand les taux montent ou que l'activité ralentit.

Ces ratios sont développés, avec un exemple chiffré, dans le module L'analyse fondamentale.

Styles et secteurs

On distingue souvent les entreprises de croissance (bénéfices qui augmentent vite, valorisation élevée) et les entreprises de valeur (activité mûre, valorisation modeste). Certains secteurs sont cycliques (automobile, luxe, industrie) et suivent l'économie ; d'autres sont défensifs (santé, alimentation, services publics) et résistent mieux en récession.

Bien choisir un ETF

  • L'indice suivi : monde, pays, secteur. Plus il est large, plus vous êtes diversifié.
  • Les frais annuels (TER) : comparez-les, l'écart se cumule chaque année.
  • Capitalisant ou distribuant : le premier réinvestit les dividendes automatiquement, le second vous les verse. En PEA ou en assurance-vie, le capitalisant est souvent plus simple.
  • Réplication : physique (le fonds détient les actions) ou synthétique (il utilise un contrat d'échange avec une banque). Les ETF mondiaux éligibles au PEA sont généralement synthétiques : c'est ce qui leur permet d'y entrer.
  • La taille et l'ancienneté du fonds : un fonds important et ancien risque moins d'être fermé.

Construire un portefeuille

Un portefeuille solide part d'une allocation cible : par exemple 80 % actions mondiales et 20 % obligations ou fonds euros pour un profil dynamique. Au fil du temps, les actions qui montent prennent plus de place. Une fois par an, on rééquilibre en revenant à la cible, soit en vendant un peu de ce qui a monté, soit en orientant les nouveaux versements vers ce qui a baissé.

Le risque de change

Un ETF mondial détient beaucoup d'actions américaines. Si le dollar baisse face à l'euro, la valeur en euros de vos placements baisse aussi, même si les actions n'ont pas bougé. Sur le long terme, cet effet tend à s'équilibrer, mais il ajoute des variations.

Un exemple de portefeuille qui dérive

Paul démarre avec 10 000 € répartis en 70 % d'ETF actions mondiales et 30 % de fonds euros. Après deux très bonnes années, les actions valent 9 000 € et le fonds euros 3 150 € : les actions représentent désormais 74 % du total, et Paul prend plus de risque qu'il ne l'avait décidé.

ActionsFonds eurosTotalPart actions
Départ7 000 €3 000 €10 000 €70 %
Après 2 ans9 000 €3 150 €12 150 €74 %
Après rééquilibrage8 505 €3 645 €12 150 €70 %

En rééquilibrant, Paul vend un peu de ce qui a le plus monté et rachète ce qui a moins monté : il applique mécaniquement le principe « acheter bas, vendre haut », sans rien prévoir.

Les dividendes : une idée reçue

Beaucoup de débutants recherchent les actions qui versent de gros dividendes. Mais un dividende n'est pas un cadeau : le jour de son versement, le cours de l'action baisse du même montant. Ce qui compte, c'est la performance totale, dividendes et variation du cours réunis. Une entreprise qui réinvestit ses bénéfices intelligemment peut enrichir davantage ses actionnaires qu'une autre qui distribue tout.

Où trouver l'information ?

  • Les rapports annuels et présentations aux investisseurs, sur le site de chaque entreprise.
  • Le document d'informations clés (DIC) de chaque fonds ou ETF, qui indique ses frais et son niveau de risque sur une échelle de 1 à 7.
  • Le site de l'AMF pour les alertes et les fiches pédagogiques.

Gérer la fiscalité de son portefeuille

  • Remplir en priorité le PEA pour les actions européennes et les ETF éligibles.
  • Sur un compte-titres, les moins-values s'imputent sur les plus-values de l'année et des 10 années suivantes.
  • Sur le PEA comme en assurance-vie, changer de support à l'intérieur de l'enveloppe ne déclenche aucun impôt tant que l'argent n'en sort pas.
  • Chaque transaction a un coût : moins vous en faites, moins vous payez.

À retenir

  • Regarder la croissance, les bénéfices, la valorisation et la dette avant d'acheter une action.
  • Comparer les ETF sur l'indice, les frais et le mode de réplication.
  • Fixer une allocation cible et la rééquilibrer une fois par an.

Validez vos acquis

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1. Que signifie un ratio cours/bénéfice (P/E) très élevé ?
2. Qu'est-ce qu'un ETF capitalisant ?
3. Pourquoi rééquilibrer son portefeuille une fois par an ?
4. Le dollar baisse face à l'euro. Que devient un ETF mondial en euros ?
5. Le jour du détachement d'un dividende, que devient en principe le cours de l'action ?