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Pour aller plus loin

Les cryptomonnaies

Bitcoin, blockchain, stablecoins : comprendre avant d'acheter, et limiter le risque.

Les quatre mots les plus dangereux en investissement sont : « cette fois, c'est différent ».

John Templeton, investisseur, pionnier des fonds internationaux

De quoi parle-t-on ?

Une cryptomonnaie est un actif numérique qui circule sans banque centrale ni intermédiaire. Le bitcoin, lancé en 2009, a été le premier. Des milliers d'autres ont suivi, comme l'ether (réseau Ethereum), qui sert aussi à faire fonctionner des applications.

La blockchain

Les transactions sont inscrites dans un registre partagé entre des milliers d'ordinateurs : la blockchain. Personne ne peut modifier seul ce registre, ce qui permet d'échanger de la valeur sans tiers de confiance. C'est une innovation technique réelle, mais cela ne dit rien de la valeur future d'une cryptomonnaie donnée.

Les grandes familles

  • Bitcoin : offre limitée à 21 millions d'unités, souvent présenté comme un « or numérique ».
  • Plateformes (ether, etc.) : des réseaux sur lesquels tournent des applications et des contrats automatisés.
  • Stablecoins : des jetons adossés à une monnaie classique, le plus souvent le dollar. Ils ne sont stables que si l'émetteur détient vraiment les réserves promises.
  • Tout le reste : des milliers de jetons, dont beaucoup ont disparu ou perdu presque toute leur valeur.

Pourquoi c'est si risqué

  • Volatilité extrême : le bitcoin a perdu plus de 75 % de sa valeur à plusieurs reprises, notamment en 2018 et en 2022. Les autres cryptos chutent souvent davantage.
  • Pas de valeur de référence : une action donne droit aux bénéfices d'une entreprise, une obligation verse des intérêts. La plupart des cryptos ne produisent aucun revenu : leur prix dépend de ce que d'autres acceptent de payer.
  • Faillites de plateformes : des plateformes géantes ont fait faillite (Mt. Gox en 2014, FTX en 2022), et des clients ont perdu leurs avoirs.
  • Arnaques nombreuses : faux projets, influenceurs rémunérés, promesses de rendement quotidien.

Détenir des cryptos en pratique

Sur une plateforme, c'est simple, mais la plateforme garde vos avoirs : si elle fait faillite ou est piratée, vous pouvez tout perdre. Dans un portefeuille personnel, vous êtes seul responsable : perdre sa phrase de récupération, c'est perdre définitivement l'accès à ses fonds, sans aucun recours.

Dans l'Union européenne, le règlement MiCA encadre désormais les prestataires de services sur crypto-actifs, qui doivent être agréés. Vérifiez sur le site de l'AMF qu'une plateforme est autorisée avant d'y déposer de l'argent.

La fiscalité en France

  • Échanger une crypto contre une autre n'est pas imposable.
  • La plus-value devient imposable quand vous revendez contre des euros ou achetez un bien avec, sauf si le total de vos cessions de l'année reste sous 305 €.
  • Les comptes ouverts sur des plateformes étrangères doivent être déclarés chaque année.

Comment fonctionne une blockchain, concrètement

Chaque transaction est diffusée à l'ensemble du réseau, puis regroupée avec d'autres dans un « bloc ». Pour ajouter un bloc à la chaîne, le réseau doit se mettre d'accord, grâce à un mécanisme de consensus :

  • La preuve de travail (bitcoin) : des ordinateurs, les « mineurs », résolvent un calcul très coûteux en énergie. Le premier qui trouve la solution valide le bloc et reçoit des bitcoins nouvellement créés. Cette dépense d'énergie rend la fraude extrêmement chère, mais elle est aussi la principale critique écologique faite au bitcoin.
  • La preuve d'enjeu (ether depuis 2022) : ce sont des participants qui immobilisent leurs jetons en garantie qui valident les blocs. Beaucoup moins gourmand en énergie, ce système repose sur une autre logique de sécurité.

Une fois inscrite, une transaction est pratiquement impossible à annuler. C'est une force, mais aussi un piège : une erreur d'adresse ou un virement vers un escroc sont irréversibles.

Les principales familles en un tableau

ActifRôleParticularitésNiveau de risque
BitcoinRéserve de valeur numériqueOffre limitée à 21 millions, plus ancienne et plus grosse cryptoTrès élevé
EtherCarburant du réseau EthereumFait tourner des applications et contrats automatisésTrès élevé
Stablecoins (USDC, EURC…)Équivalent numérique d'une monnaieStabilité dépendante des réserves de l'émetteur, encadrés par MiCA en EuropeFaible à moyen (risque émetteur)
Autres cryptos (« altcoins »)Projets très variésDes milliers de jetons, beaucoup ont disparuExtrême
MemecoinsAucun, sinon la modeValeur purement spéculative, souvent manipuléeExtrême, proche du jeu

La finance décentralisée, les NFT et l'euro numérique

  • La finance décentralisée (DeFi) propose de prêter, emprunter ou échanger des cryptos sans banque, via des programmes automatiques. Les rendements affichés peuvent sembler attractifs, mais les failles informatiques, les piratages et les projets frauduleux y sont fréquents, sans aucun recours possible.
  • Les NFT sont des certificats numériques de propriété d'un objet, souvent une image. Après une bulle spectaculaire en 2021, la valeur de la plupart d'entre eux s'est effondrée.
  • L'euro numérique est un projet de la Banque centrale européenne : une monnaie numérique publique, qui serait émise par la BCE. Contrairement aux cryptos, il aurait exactement la valeur de l'euro.

Acheter en sécurité, étape par étape

  1. Vérifier sur le site de l'AMF que la plateforme est autorisée à servir des clients en France.
  2. Activer la double authentification avec une application dédiée, plutôt que par SMS.
  3. Acheter une petite somme d'abord, puis investir progressivement, par exemple chaque mois.
  4. Au-delà de quelques milliers d'euros, envisager un portefeuille matériel (une clé physique hors ligne) et noter la phrase de récupération sur papier, jamais en photo ni dans le cloud.
  5. Tenir un fichier de toutes ses opérations, indispensable pour la déclaration fiscale.
Si les cryptos chutent de 80 %, quel impact sur tout le portefeuille ?
2 % en cryptos−1,6 %
5 % en cryptos−4 %
20 % en cryptos−16 %
50 % en cryptos−40 %

C'est la taille de la position, et non le choix de la crypto, qui détermine l'essentiel du risque.

La fiscalité en détail

  • Taux : les plus-values de cession contre des euros sont imposées au prélèvement forfaitaire unique, soit 31,4 % en 2026, ou au barème progressif sur option.
  • Seuil : si le total de vos cessions de l'année ne dépasse pas 305 €, rien n'est imposé.
  • Échanges entre cryptos : non imposables, de même que le simple fait de détenir des cryptos.
  • Déclarations : le calcul des plus-values se fait sur un formulaire dédié (n° 2086), et chaque compte ouvert sur une plateforme étrangère doit être déclaré (n° 3916-bis), sous peine d'amende.
  • Activité habituelle : si vous achetez et vendez de façon très fréquente, avec des moyens comparables à un professionnel, les gains peuvent être requalifiés en bénéfices professionnels.

Les arnaques propres aux cryptos

  • Le « rug pull » : les créateurs d'un nouveau jeton en font la promotion, puis vendent tout et disparaissent.
  • Les faux supports techniques qui demandent votre phrase de récupération « pour débloquer un compte ».
  • Les fausses applications copiant celles de plateformes connues sur les magasins d'applications.
  • Les arnaques sentimentales : une relation en ligne qui finit par vous proposer une « plateforme d'investissement » où les gains affichés sont fictifs.

La dominance du bitcoin et les cycles des « altcoins »

La dominance du bitcoin est la part du bitcoin dans la valeur totale de toutes les cryptomonnaies. Beaucoup d'investisseurs la suivent pour comprendre où va l'argent à l'intérieur du marché.

Situation observéeInterprétation fréquente
Dominance en hausse, bitcoin en hausseLes capitaux entrent d'abord par le bitcoin, jugé moins risqué ; les autres cryptos suivent moins vite.
Dominance en hausse, bitcoin en baissePhase de peur : les autres cryptos chutent encore plus fort, l'argent se réfugie dans le bitcoin ou les stablecoins.
Dominance en baisse, bitcoin stable ou en haussePhase d'euphorie, parfois appelée « altseason » : les autres cryptos montent plus vite que le bitcoin.

Ces enchaînements se sont souvent observés lors des cycles passés, mais ils ne se répètent pas à l'identique. La montée des stablecoins, qui pèsent dans le total sans varier de prix, rend aussi l'indicateur plus difficile à lire.

Si vous voulez en acheter

  1. Avoir d'abord une épargne de précaution et un investissement de long terme diversifié.
  2. Limiter les cryptos à une petite part du patrimoine, que vous pourriez perdre entièrement sans que cela change votre vie.
  3. Passer par une plateforme autorisée et activer la double authentification.
  4. Acheter progressivement plutôt qu'en une fois au sommet d'un emballement.
Les grandes chutes du bitcoin (du sommet au creux)
2011≈ −93 %
2013-2015≈ −86 %
2017-2018≈ −84 %
2021-2022≈ −77 %

Ordres de grandeur en dollars. Les autres cryptomonnaies ont souvent chuté davantage, et beaucoup n'ont jamais remonté.

Le vocabulaire à connaître

  • Wallet (portefeuille) : l'outil qui détient vos clés d'accès. « Chaud » s'il est connecté à internet, « froid » s'il est sur un support physique déconnecté.
  • Phrase de récupération : 12 ou 24 mots qui permettent de restaurer un portefeuille. Quiconque la possède peut vider vos fonds.
  • Staking : immobiliser des cryptos pour participer au fonctionnement d'un réseau, contre une rémunération. Les fonds peuvent être bloqués et le risque de perte demeure.
  • ETP ou ETN crypto : des produits cotés en Bourse qui suivent le prix d'une crypto. Plus simples à détenir, ils restent aussi volatils et ne sont pas éligibles au PEA.
  • Halving : la division par deux, environ tous les quatre ans, de la création de nouveaux bitcoins.

Les signaux d'alerte propres aux cryptos

  • Un jeton inconnu promu massivement par des influenceurs.
  • Un rendement quotidien ou mensuel « garanti ».
  • Une plateforme qui ne figure pas sur la liste des prestataires autorisés de l'AMF.
  • Des frais de retrait qui apparaissent au moment de récupérer son argent.

Déclarer ses cryptomonnaies

  1. Déclarer chaque année les comptes ouverts sur des plateformes à l'étranger, même inactifs.
  2. Calculer la plus-value des cessions contre des euros avec la méthode propre aux actifs numériques, qui tient compte de la valeur de l'ensemble de votre portefeuille.
  3. Reporter le résultat sur la déclaration de revenus. Des outils en ligne et certaines plateformes proposent un rapport fiscal.

Bitcoin et institutions : ce qui a changé

Depuis 2024, des fonds cotés en Bourse sur le bitcoin ont été autorisés aux États-Unis et de grands gestionnaires d'actifs en proposent. Cela a rendu le bitcoin plus accessible et plus suivi par les institutions. Mais cela ne change rien à sa nature : un actif sans revenu, très volatil, dont le prix dépend de la confiance des acheteurs.

Quelle place dans un patrimoine ?

Pour ceux qui souhaitent en détenir, une approche prudente consiste à limiter les cryptomonnaies à quelques pourcents du patrimoine financier, à se concentrer sur les plus établies plutôt que sur des jetons obscurs, et à ne jamais emprunter pour en acheter.

À retenir

  • Une technologie intéressante ne fait pas un placement sûr.
  • Des baisses de plus de 75 % ont déjà eu lieu plusieurs fois.
  • Petite part, plateforme autorisée, sécurité renforcée.

Validez vos acquis

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1. Qu'est-ce qu'une blockchain ?
2. Qu'est-ce qu'un stablecoin ?
3. En France, échanger du bitcoin contre de l'ether est-il imposable ?
4. Vous perdez la phrase de récupération de votre portefeuille personnel. Que se passe-t-il ?
5. Quelle part de son patrimoine placer en crypto ?