Quand on combine l'ignorance et l'effet de levier, on obtient des résultats plutôt intéressants.
Le principe
- Vous détenez un portefeuille de placements, par exemple 500 000 € sur une assurance-vie.
- La banque vous prête une partie de sa valeur, et le portefeuille est « nanti » : il sert de garantie, et vous ne pouvez plus en disposer librement.
- Vous remboursez le plus souvent en une fois à l'échéance (prêt in fine), en payant seulement les intérêts en attendant.
- Votre portefeuille reste investi et continue, en principe, de travailler.
Combien peut-on emprunter ?
La banque applique un « taux d'avance » qui dépend du risque des actifs donnés en garantie : plus un actif est stable et liquide, plus on peut emprunter.
Ordres de grandeur indicatifs : chaque banque fixe ses propres taux d'avance. Les cryptomonnaies et produits complexes sont rarement acceptés.
Les caractéristiques habituelles
- Montant : souvent à partir de 100 000 € de portefeuille dans les banques privées, parfois moins dans certaines banques en ligne ou chez certains assureurs (avances sur contrat).
- Durée : courte à moyenne, de quelques mois à 5 ans environ, souvent renouvelable.
- Taux : généralement variable, calculé sur un taux de référence (Euribor) auquel s'ajoute une marge. Il est souvent inférieur à celui d'un crédit à la consommation.
- Remboursement : le plus souvent in fine, à l'échéance.
À quoi ça sert ?
- Éviter de vendre : vendre des titres ou racheter une assurance-vie déclenche de l'impôt sur les plus-values. Emprunter permet d'obtenir des liquidités sans rien vendre, en gardant l'antériorité fiscale de l'assurance-vie.
- Financer un achat immobilier rapidement, ou faire la jonction en attendant la vente d'un autre bien.
- Investir dans une entreprise ou saisir une opportunité sans désinvestir.
- Optimiser : quand les intérêts de l'emprunt servent à financer un investissement locatif, ils peuvent être déductibles des revenus fonciers au régime réel.
Le danger : l'appel de marge
Si la valeur du portefeuille nanti baisse fortement, la garantie ne suffit plus. La banque demande alors de rembourser une partie du prêt ou d'apporter d'autres garanties. À défaut, elle peut vendre elle-même vos placements, souvent au pire moment, en pleine baisse des marchés.
L'utiliser pour investir en Bourse : l'effet de levier
Emprunter sur son portefeuille pour acheter encore plus d'actions revient à s'endetter pour spéculer. Quand les marchés montent, le gain est amplifié. Quand ils baissent, la perte l'est aussi, et l'appel de marge peut forcer la vente au plus bas. C'est une stratégie réservée à des investisseurs très expérimentés, avec une large marge de sécurité.
Les bonnes pratiques
- Emprunter nettement moins que le maximum autorisé : garder une marge contre les baisses.
- Privilégier des actifs stables en garantie (fonds euros, obligations).
- Prévoir dès le départ comment le prêt sera remboursé : vente d'un bien, revenus, échéance d'un placement.
- Comparer les marges, les frais de dossier et les conditions de nantissement entre plusieurs banques.
- Se rappeler qu'un taux variable peut monter.
À retenir
- Le crédit lombard donne des liquidités sans vendre, et donc sans impôt sur les plus-values.
- Son risque principal est l'appel de marge en cas de chute des marchés.
- Utilisé pour spéculer en Bourse, il devient un levier dangereux.
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