La clé pour gagner de l'argent en Bourse, c'est de ne pas se laisser effrayer au point de vendre.
Le moment où l'on se sent le plus confiant correspond souvent au risque le plus élevé, et inversement.
L'écart de comportement
Les études annuelles de Morningstar comparent la performance des fonds à celle réellement obtenue par leurs porteurs, qui entrent et sortent au fil du temps. L'écart est régulièrement d'environ un point par an au détriment des investisseurs. Sur trente ans, un point de moins par an représente près d'un quart de capital final en moins.
Les biais les plus coûteux
| Biais | Ce qui se passe | Ce que ça coûte |
|---|---|---|
| Aversion aux pertes | Une perte fait environ deux fois plus mal qu'un gain équivalent ne fait plaisir (travaux de Kahneman et Tversky) | On fuit le risque après une baisse, au pire moment |
| Effet de disposition | On vend vite ce qui monte et on garde ce qui baisse, pour ne pas « acter » la perte | On coupe ses gagnants et on garde ses perdants |
| Excès de confiance | Quelques succès donnent l'illusion d'un talent | Trop d'opérations, trop de frais, trop de concentration |
| Biais de confirmation | On ne retient que les informations qui confortent son avis | On ignore les signaux d'alerte |
| Ancrage | On reste fixé sur un prix de référence, comme le prix d'achat | On attend de « revenir à zéro » au lieu de réévaluer |
| Mentalité de troupeau | On fait comme tout le monde, par peur de rater une occasion | On achète au sommet des emballements |
| Biais de récence | On croit que ce qui vient de se passer va continuer | On extrapole les hausses comme les baisses |
| Comptabilité mentale | On traite différemment un même euro selon son origine (prime, héritage, gain) | On prend des risques inconsidérés avec « l'argent gagné » |
| Biais du statu quo | On ne change rien, même quand il le faudrait | Des contrats chers ou inadaptés gardés pendant des années |
Des règles simples pour se protéger de soi-même
- Automatiser : un versement mensuel programmé supprime la question du « bon moment ».
- Écrire sa stratégie : répartition cible, règles de rééquilibrage, ce que l'on fera en cas de krach. Relire ce document avant toute décision importante.
- Regarder moins souvent : plus on consulte son portefeuille, plus on voit de baisses, et plus on est tenté d'agir.
- Se donner un délai : attendre 48 heures avant toute vente décidée sous le coup de l'émotion.
- Garder une épargne de précaution : elle évite d'avoir à vendre au pire moment.
- Se méfier de ses certitudes : plus on est sûr de soi, plus il est utile de chercher les arguments contraires.
Testez vos réflexes
- Avez-vous déjà vendu un placement après une forte baisse, puis regretté en le voyant remonter ?
- Avez-vous déjà acheté un actif parce que « tout le monde en parlait » ?
- Gardez-vous un placement en perte en attendant qu'il revienne à son prix d'achat ?
Si vous répondez oui à l'une de ces questions, vous êtes dans la norme : ces réflexes sont humains. L'objectif n'est pas de les supprimer, mais de mettre en place des règles qui les empêchent de décider à votre place.
À retenir
- Les émotions poussent à acheter cher et à vendre bon marché.
- Automatiser et écrire sa stratégie protège de ses propres biais.
- Le comportement compte autant que le choix des placements.
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